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DIPLEX - Les morts futures

Diplex est accueillie pour cette création dans le cadre d’un parcours constellaire avec nos partenaires de Danse Grand Ouest


Mourir, voir mourir, devoir mourir, devoir vivre aussi, surtout, avec cette pensée qu’on va mourir, qu’il, elle, va mourir... des pertes, des adieux, des pleurs, des soupirs... La mort... la peur de la mort ou l’acceptation... Le déni, l’étonnement, l’obsession.... Seul... Ou avec la communauté... Ce qui nous sépare, ce qui nous relie ... Disserter sur la mort...Vaine et infinie entreprise humaine... L’entreprise de la mort... La cérémonie et l’entreprise de la mort... Le commerce des morts... L’administratif de la mort... Les nouveaux rites de la mort... Protéiforme mort, animal qu’on n’arrive pas tout à fait à maîtriser ou même pas du tout, peut-être de moins en moins... On meurt plus vieux mais on meurt quand même... Comment parler de la mort ? Sans être rattrapé par l’indicible, l’ineffable ou pire la banalité... Avec quel spécialiste ? Parler d’un silence qui rugit de si loin et qui toujours raisonne déjà au futur.... Comment parler du silence le plus pur ? Avec quel vocabulaire ? Quel geste ? Quelle attitude ? Ou pas... ne pas parler... Faire sentir...
2012. Je participe en tant que bénévole à un chantier de fouille archéologique à Vieux-La-Romaine, avec mon compagnon, Arnaud Poirier, archéologue de métier. La mort me travaille depuis un moment déjà, elle se dilue dans mes projets mais jamais je ne l’affronte encore comme un sujet. Et me voilà face à un vrai mort, un ancien vivant. J’apprends à faire sortir de terre minutieusement des squelettes humains, enterrés là il y a des siècles et des siècles, les mains reposant sur leurs sternum écroulés, les racines poussant dans les creux de leurs yeux.
Avec une infinie étrangeté, la mort devient concrète, elle prend littéralement corps...
Un peu comme quand on voit nos grands parents partir au ralenti, pendant plusieurs années s’en aller doucement, étonnement dans la lenteur qui contraste avec la rapidité de notre quotidien... Après la position "debout", c’est la mémoire puis la parole qui s’effacent, puis se nourrir, puis regarder, et puis la mort continue de gagner du terrain ou c’est la vie qui a du mal à partir et le corps se recroqueville sur lui-même comme une feuille fanée, ou comme le foetus enfoui dans le ventre maternel...
Avec une infinie étrangeté, la mort devient concrète, elle prend littéralement corps... etc, etc.
La mort, c’est un sentiment, c’est aussi un ensemble d’expériences. J’aimerais maginer un dialogue muet, pulsatile entre le corps vivant, le corps mourant et le corps mort, entre ce qui disparaît et ce qui reste encore après... Les os, les restes de rites, les croyances un peu effacées et devant à la lumière, le corps en chair, les néons des funérariums, la réalité de la mort actuelle à l’occidentale... Clinique et commerciale... du moins pour le "commun des mortels" !
Si la mort est une vérité nécessaire, éternelle et qui concerne tout le vivant de la micro-algue aux étoiles polaires, elle change cependant de visage, de corps, ou d’apparence selon la manière dont on l’approche. Caméléon social, la mort s’apprivoise en même temps qu’elle nous fait virer de couleur...
LES MORTS FUTURES est donc un projet de recherche sur la mort qui met en jeu un corps vivanun squelette, dans un monde d’interrogations et d’ignorance sur comment apprivoiser l’indomptable... Ou encore comment mourir et enterrer les vivants au funérarium de la zone commerciale, situé entre Mac do, Carrefour, et l’autoroute A13...
Et demain, comment nous dirons-nous adieu ?

Céline Ohrel

LES MORTS FUTURES
une pièce Atmosphérique
CONCEPT : CÉLINE OHREL
CRÉATION SONORE : ARNAUD POIRIER
CRÉATION LUMIÈRE : AUDREY QUESNEL / OLIVIER BOURGUIGNON
SCÉNOGRAPHIE : FRÉDÉRIC DESLIAS

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